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Fin 2015, après s’être fait la main sur des reprises de The RH Factor ou de D’Angelo, les sept membres du tout nouveau groupe toulousain Rumpus décident de travailler sur des morceaux originaux. Le dénominateur commun est évident: le groove. L’aboutissement arrive en 2017 avec leur premier EP,        « Somehow« .

La chanteuse du groupe, la jeune Stacy Claire (petite soeur de Yannick Claire, présenté sur le blog ici),  participe activement  à la composition des morceaux et à l’écriture des textes.  » Nous tenons à la formule à sept musiciens. Cela donne un rendu très organique dans lequel la voix se fond avec les instruments, et c’est assez agréable ». On pourrait s’étonner que les vingtenaires comme Stacy s’intéressent au style soul/jazz, tant ils sont bombardés de trap et de pop éthérée.     « Je remarque, parmi mes amis qui disent aimer la musique, la volonté de découvrir toute la bibliothèque à laquelle on a accès et c’est une chance. A titre de comparaison, mon père, lui a cherché 10 ans avant de retrouver chez un disquaire le titre « As » de Stevie Wonder qu’il avait entendu à la radio  ! ».

Stacy a écrit la plupart des textes de « Somehow » en essayant de lâcher prise, en se laissant porter par les émotions suscitées en elle par les compositions. Ci dessous le titre « Melas », dans lequel elle décrit l’état de confusion intérieure, entre peur et excitation, d’une personne qui cherche à vivre pleinement:

 

Etablie à Bruxelles, Stacy profite de l’ouverture d’esprit de la scène locale, qui porte un regard bienveillant sur les jeunes qui se lancent.  » J’ai vécu à Lyon, et j’ai trouvé qu’on y était très attaché à une soul déjà faite, popularisée dans les années 90, alors qu’à Bruxelles la démarche semble plus novatrice, avec l’influence de l’électro par exemple ». Selon elle, il y a dans la jeune génération une volonté de sortir du genre, de se détacher de l’étiquette de la soul ou même de celle, plutôt englobante, du jazz. Pour Stacy, le qualificatif de « cosmic jazz » conviendrait assez bien à la musique de Rumpus car il cite l’influence principale du groupe tout en laissant la porte ouverte : aucune direction n’est figée. Ils laissent « s’écouler le robinet pour voir ce qu’il en sort » . Le résultat attendu? Une musique qui engage émotionnellement.

 

Reste que Rumpus, qui veut dire « vacarme », porte tout de même une rage sourde, un état d’ébullition, un besoin d’exister dans le monde d’aujourd’hui. Ce qu’on retrouve assez bien dans leurs textes un peu torturés et la richesse de leur arrangements.

Crédit photo: Arthur Gau

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